Combien de Français voient des arbres depuis chez eux, vivent près d'un parc, et profitent d'îlots de nature (type canopée) pour se rafraîchir ? Nous avons mesuré, commune par commune.
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L'essentiel. L'ensemble de la France métropolitaine (hors Corse, non couverte par le LiDAR HD) est désormais cartographié : 12 régions, 58,8 millions d'habitants, près de 2,4 milliards d'arbres. Être à 300 m d'un espace vert et voir au moins 3 arbres depuis son logement sont, le plus souvent, au rendez-vous. Le maillon faible, c'est la canopée : près des trois quarts des habitants (73 %) vivent dans un quartier sous le seuil des 30 % de couverture arborée, celui qui fait vraiment baisser la température lors des canicules. L'écart entre régions est béant, de 46 % des habitants sous le seuil en Provence-Alpes-Côte d'Azur à 81 % en Île-de-France, 84 % en Normandie et 92 % dans les Hauts-de-France. Les moyennes communales ont beau remonter (les forêts et grands parcs comptent), le quartier où l'on vit, lui, reste souvent en deçà.
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La chaleur est devenue le premier risque climatique pour la santé en France. La canicule de 2003 a causé près de 15 000 décès en deux semaines ; l'été 2022, le plus meurtrier depuis, près de 7 000 décès en excès. Sur 2014-2022, environ 33 000 décès sont attribuables à la chaleur, dont quelque 23 000 chez les plus de 75 ans (Santé publique France). Et le réchauffement rend ces épisodes plus fréquents et plus intenses.
Face à cela, l'arbre est l'une des défenses les plus efficaces. Par l'ombre et l'évapotranspiration, la canopée rafraîchit la ville : +10 % de couvert ≈ −0,8 °C, et 30 % de couvert ≈ jusqu'à −1,5 °C, avec des pointes de plusieurs degrés à l'ombre des arbres lors des fortes chaleurs (npj Urban Sustainability, 2025). Une étude de 2023 estimait que près d'un tiers des décès liés à l'îlot de chaleur urbain en Europe pourraient être évités si le couvert arboré atteignait 30 % (ISGlobal, The Lancet 2023).
Proposée par le chercheur Cecil Konijnendijk, elle tient en trois chiffres :
C'est simple, mémorisable, et de plus en plus repris dans les plans d'urbanisme.
Tandis que le « 3 » vise la santé mentale des habitants et le « 300 » la qualité de l’air, le « 30 » est le seuil à partir duquel le rafraîchissement devient significatif. C’est un seuil minimal : l’objectif est d’atteindre 50 % de canopée.
Douze régions, douze visages de la France arborée. À un bout, la Provence-Alpes-Côte d'Azur (méditerranéenne et montagneuse) et les massifs (Alpes, Jura, Massif central, Pyrénées) dépassent l'objectif ; à l'autre, les grandes plaines agricoles et bocagères (Hauts-de-France, Pays de la Loire, Bretagne, Normandie) en sont loin (15 à 20 %). Entre les deux, un large peloton (Grand Est, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Île-de-France, Centre-Val de Loire) tourne autour de 25 à 28 %. Partout le même constat : ce sont les villes qui manquent d'arbres, pas les campagnes.
| Région | Habitants couverts | Canopée moyenne | Communes ≥ 30 % | Habitants en quartier sous 30 % |
|---|---|---|---|---|
| Provence-Alpes-Côte d'Azur | 5,2 M | 36,2 % | 83 % | 46 % |
| Bourgogne-Franche-Comté* | 1,7 M | 34,8 % | 62 % | 50 % |
| Auvergne-Rhône-Alpes | 8,1 M | 29,9 % | 59 % | 63 % |
| Grand Est | 5,6 M | 28,1 % | 36 % | 69 % |
| Nouvelle-Aquitaine | 5,6 M | 27,6 % | 43 % | 65 % |
| Occitanie | 6,1 M | 26,2 % | 50 % | 71 % |
| Île-de-France | ≈ 10 M | ≈ 25 % | 35 % | 81 % |
| Centre-Val de Loire | 2,4 M | 23,5 % | 23 % | 78 % |
| Normandie | 2,8 M | 20,1 % | 14 % | 84 % |
| Bretagne* | 2,3 M | 18,9 % | 7 % | 93 % |
| Pays de la Loire | 3,9 M | 18,3 % | 8 % | 91 % |
| Hauts-de-France | 3,4 M | 15 % | 7 % | 92 % |
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Graphique. Le 3-30-300 région par région

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