Ce que montre l'Île-de-France

Deux des trois règles sont largement satisfaites : l'accès à un espace vert à 300 m et la présence d'au moins 3 arbres visibles. C'est la canopée des 30 % qui fait défaut dans près de trois communes sur quatre.

Règle Communes qui l'atteignent
3. voir ≥3 arbres 93 % ███████████████████
300. parc à ≤300 m 91 % ██████████████████
30. ≥30 % de canopée 35 % ███████

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Carte. La canopée par quartier (IRIS)

fig_idf_iris_map.png

En vert, le taux de couverture arborée par quartier ; en gris, les secteurs où le LiDAR HD de l'IGN n'est pas encore publié (Est francilien).

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À Paris, la canopée s'établit à 21,5 %, quasi identique à l'indice officiel de la Ville (21 %), ce qui conforte la méthode. La capitale n'est pas une exception : la canopée moyenne des communes franciliennes bien cartographiées tourne autour de 25 %, encore loin des 30 %.

À la bonne échelle : le quartier. La règle des 30 % vise le quartier, pas la moyenne d'une commune. Mesurée à l'IRIS (le découpage de l'INSEE en quartiers d'environ 2 000 habitants, ~5 000 en Île-de-France), 81 % des Franciliens vivent dans un quartier sous 30 % de canopée ; et autant de quartiers sont sous le seuil (canopée médiane par quartier : 21 %). C'est tout le paradoxe : une commune comme Les Mureaux affiche 25 % grâce à ses bois, mais ses quartiers d'habitat, eux, plafonnent bien plus bas.

Les huit départements

Derrière la moyenne régionale, les huit départements vont du plus arboré (Yvelines et Essonne, à l'ouest et au sud) au plus minéral (Paris et Seine-Saint-Denis). Toute la petite couronne dense reste sous l'objectif.

Département Communes couvertes Population Canopée moyenne Communes ≥ 30 %
Yvelines (78) 250 1,48 M 30,9 % 43 %
Essonne (91) 170 1,30 M 29,2 % 40 %
Seine-et-Marne (77)* 236 1,06 M 27,8 % 31 %
Val-d'Oise (95) 183 1,28 M 25,4 % 32 %
Hauts-de-Seine (92) 36 1,65 M 24,2 % 33 %
Val-de-Marne (94) 47 1,43 M 22,7 % 19 %
Paris (75) 1 2,10 M 21,5 % 0 %
Seine-Saint-Denis (93) 39 1,70 M 21,2 % 18 %
Île-de-France 962 12,0 M ≈ 25 % 35 %

couverture LiDAR partielle en Seine-et-Marne : seule la moitié ouest du département est publiée (236 des 507 communes).*

Arbres et chaleur : la preuve par l'image

Le lien n'est pas qu'une théorie. En superposant, pour une même journée de canicule (13 août 2022), la température de surface mesurée par satellite et notre carte de la canopée, le dessin se répond trait pour trait : le cœur dense et minéral de Paris vire au jaune brûlant, tandis que les bois, les grands parcs et les vallées boisées ressortent comme des îlots de fraîcheur. Ce jour-là, les communes du quart le plus arboré étaient en moyenne 1 à 2 °C plus fraîches en surface que les moins arborées.

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Carte. Température de surface et canopée, 13 août 2022.

Données satellite Landsat.

fig_heat.png

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Une géographie très inégale

Derrière la moyenne se cache un grand écart. Quelques communes dépassent largement l'objectif, souvent des villes résidentielles arborées de l'ouest et du sud :

À l'opposé, les communes réellement les moins arborées sont des villes denses ou d'activité :

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Graphique. Les communes les plus et les moins arborées

fig_idf_ranking_clean.png

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Ce contraste recoupe une fracture sociale. En classant les communes par niveau de vie, le quart le plus modeste plafonne à 22 % de canopée, contre près de 30 % pour les communes les plus aisées, et seul ce quart le plus modeste reste nettement sous l'objectif de 30 % (les trois autres quarts l'effleurent). La canicule ne frappe donc pas tout le monde de la même façon : les quartiers les plus denses et les moins végétalisés sont souvent les plus exposés.